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Sous l'alisier

DSC03896 - Copie-1

 

Elle est comme ça sa maison. Au milieu de nulle part. Suspendue au nuage. Baignée de soleil et secouée de vent.

Portes et volets vibrent.

On y est parfois très tranquilles et parfois moins. S'y arrête qui veut, le temps d'un verre. d'une douceur. De quatre mots à échanger. Ou de silence.

Elle est assise sur ses talons, là-haut, au bord du ciel. Nez au vent. Elle est bien. Elle est juste bien au bon endroit pour contempler le monde...



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"Il y avait tant de lumière qu'on voyait le monde dans sa vraie vérité, non plus décharné de jour mais engraissé d'ombre et d'une couleur bien plus fine. L'oeil s'en réjouissait. L'apparence des choses n'avait plus de cruauté mais tout racontait une histoire, tout parlait doucement aux sens. La forêt là-bas était couchée dans le tiède des combes comme une grosse pintade aux plumes luisantes" 
Jean Giono - Que ma joie demeure



Sous l'alisier
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14 octobre 2014

Poussière et vent

 

 

On prend un livre dans ses bras, puis on le quitte, on va vers le suivant.

Les livres sont faits de poussière. Les livres sont faits de vent.Les livres sont faits du plus précieux de nos songes : poussière et vent.

On y chemine, on les traverse. On les oublie. Parfois c'est autrement.

Parfois on reste auprès du livre, auprès du feu. Parfois on sait que l'on a tout trouvé, en une seule fois, en une seule phrase. C'est une phrase qui vous concerne à peine. Elle est négligeable et elle vous emmène d'un seul coup jusqu'au terme de vos jours. Elle dit quelque chose qui viendra dans longtemps. Elle dit beaucoup plus que tout ce qu'elle dit.


Christian Bobin - La part manquante

 

Photo3867

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires
L
Je l'ai extrait de Baltique, mais j'en ai trouvé un passage plus important ici :<br /> <br /> http://www.recoursaupoeme.fr/tomas-transtr%C3%B6mer/extrait-de-schubertiana
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K
J'aime bien la phrase que tu cites, Lily, je serais curieuse de la replacer dans son contexte pour en savoir plus (je ne connais pas Tranströmer). Je ne suis pas non plus une inconditionnelle de Bobin, comme toi j'ai aimé le Très-Bas, et puis quelques histoires de Une petite robe de fête. <br /> <br /> De mon côté, ce passage de Bobin me renvoie à Que ma joie demeure, de Giono : je suis persuade que plusieurs passages m'escorteront jusqu'à la fin^^
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L
Ce n'est pas toujours nous qui restons auprès du livre, c'est le livre qui reste en nous, parfois. Ou sa musique, ses échos ... Tiens une phrase qui m'emmène loin; elle est de Tomas Tranströmer dans Baltiques : "Comme lorsque la lumière s'éteint dans l'escalier et que la main suit -confiante- la rampe aveugle qui se dirige dans le noir." Quant à Bobin, je l'aime, mais non pas inconditionnellement. Le très-Bas et l'homme-joie sont mes préférés. J'avais offert l'autoportrait au radiateur et il avait été fort apprécié. Un titre récemment m'a fait de l'oeil, "Un assassin blanc comme neige"
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