Je ne sais pas si c'est un ressenti général ou bien qui m'est particulier.

Depuis l'enfance, je me sais mortelle, c'est une pensée qui s'est depuis toujours imposée à moi, régulièrement, comme une éventualité triste et un peu effrayante, certes, mais une éventualité possible.  

Par contre, aussi étonnant que cela puisse paraitre, j'ai longtemps ignoré être susceptible de vieillir un jour. Ce n'est que maintenant, la cinquantaire bien installée, que je me dis Mince, ça va t'arriver à toi aussi, te courber et renoncer peu à peu à toutes ces choses qui furent le sel de ta vie... Et les paroles du Grand Jacques me paraissent aujourd'hui tellement juste : "Mourir la belle affaire, mais vieillir... Ô vieillir..."