Je ne sais toujours pas dire précisément ce qui m’émeut dans les photos. Elles me parlent de ce qui se vit et se meurt en même temps. Elles me racontent la beauté de l’instant unique qu’on ne revivra jamais. Elles me chantent l’effort vain de l’humain pour retenir la vie. Tracer un trait sur la paroi de la grotte, modeler une glaise, graver le tronc d’un arbre, fixer la lumière sur la pellicule. Ecrire un mot. Dire j’étais là, tu étais là. 

On ne retient pas la vie, on peut juste s’en souvenir. La vie est comme les secondes, elle se fiche de nos efforts, elle coule dans son perpétuel effacement. Du sable entre les doigts, une goutte d’eau sur une pierre chaude.

Isabelle Monnin dans « Les gens dans l’enveloppe »

Drôle d’histoire… Isabelle Monnin achète à un brocanteur une enveloppe contenant 250 photos d’une famille dont elle ne sait rien. A partir de là, elle écrit un livre en 2 parties, la première est un roman inventé à partir des photos. Le seconde partie est une enquête, retrouver les gens de l’enveloppe et écouter puis retranscrire leur histoire. A la fin du livre, un CD avec les chansons qu’Alex Beaupain.