"Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l'oubli. Evoquons une situation on ne peut plus banale : un homme marche dans la rue. Soudain, il veut se rappeler quelque chose, mais le souvenir lui échappe. A ce moment, machinalement, il ralentit son pas. Par contre, quelqu'un qui essaie d'oublier un incident pénible qu'il vient de vivre accélère à son insu l'allure de sa marche comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui."

Je suis partagée, à la lecture de ce roman de Kundera... Un peu déçue, il est loin d'être mon préféré, il ne restera pas inoubliable (comme l'avait été pour moi "L'immortalité"), j'ai eu du mal à en suivre le fil, à m'y attacher, un peu trop "vulgaire" aussi à mon goût. Mais il y a ces moments pour racheter l'ensemble, ces moments que nous offrent Kundera car il a l'art de saisir certaines vérités, j'allais dire "d'un claquement de doigts", des vérités qui nous surprennent, se discutent parfois, nous heurtent peut-être, mais voilà qu'on y repense, ce qui veut dire qu'il a touché juste !

"...car l'amour, par définition, est un cadeau non mérité ; être aimé sans mérite, c'est même la preuve d'un vrai amour. Si une femme me dit : je t'aime parce que tu es intelligent, parce que tu es honnête, parce que tu m'achètes des cadeaux, parce que tu ne dragues pas, parce que tu fais la vaisselle, je suis déçu ; cet amour a l'air de quelque chose d'intéressé. Combien il est plus beau d'entendre : je suis folle de toi bien que tu ne sois ni intelligent, ni honnête, bien que tu sois menteur, égoïste, salaud."