Sous l'alisier

23 mars 2017

Je voudrais pouvoir dire...

 

 

Je voudrais pouvoir dire

les rivières 

de cailloux

que l'on roule

après soi

Laisser faire les remous

et les lames submerger...

  

 

                                           Il y aurait peut-être un après

qui me laisserait pantelante sur la rive

nerfs en miettes

âme en fuite

 

 

                                             Il y aurait peut-être un Après

un arc en ciel une forêt 

un soleil une main un sourire.

Comme un choeur

 un écho de ta voix

un tamtam de Là-bas

qui transpire

statue enfant

 

 

 

 

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26 janvier 2017

Pile ou face

 

"La peur et la joie. Pile ou face. On vit toute une vie avec ça. La peur ou la joie.

Etre une pièce. On tombe d'un côté ou de l'autre. On choisit, plus ou moins, de quel côté on tombe.

La joie est le dos de la peur.

Quand l'une s'éloigne, on distingue le sourire sur le visage de l'autre.

On est les deux.

Une pièce. Qui vole en l'air. Qui tourne. Qui tombe. S'il n'y a rien ou personne pour nous lancer une nouvelle fois.

On reste en bas. Le visage couché dans la poussière.

L'idéal serait de rouler. Sur la tranche. C'est un idéal.

Ou de rester en l'air. A voltiger. Eternellement. Jusqu'à ne plus avoir besoin de distinguer le sol du ciel.

Comme un martinet. Un nuage. Un yo-yo. Un enfant."

 

Je lis La part des nuages, de Thomas Vinau. Ma lecture du jour butte sur ces lignes, que je relis et lis encore. Avec l'impression étrange de trouver un écho à mon propre balancement.

 

 

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03 décembre 2016

Des âmes rudes et bienveillantes veillent dans la lumière d'hiver

 

Un jour, sans aucun doute, vous passerez entre Ariège et Aude, dans le pays de Mirepoix. Vous ne manquerez pas, ce jour-là, de faire une petite étape à Vals. Le village est magnifique, comme de nombreux village du Mirapicien. La pierre y est chaude, dorée au sud, le Moyen-Age s'y est posé pour la suite des temps. Des âme rudes et bienveillantes veillent dans la lumière d'hiver.

Au  bout du village, il y a l'église,

Eglise de Vals (1)

 

petite citadelle jaillie de la pierre, qui de suite attire le regard. Vous en ferez le tour, poussé par la curiosité -est-il possible d'agir autrement ? Vous admirerez les blocs de poudingue qui l'enchassent. Puis viendra ce moment, instant magique, où vous déciderez de pousser la porte de chêne :

"En grinçant, elle tourne sur ses gonds, laissant plonger le regard dans la pénombre. Et là, c’est le choc…..

Utilisant au mieux une faille naturelle, un escalier de pierre paraît s’enfoncer dans les entrailles de la terre. Une dizaine de degrés mène jusqu’à une vieille porte qui donne dans la partie inférieure de l’église, abusivement qualifiée de crypte. Nous sommes là dans les restes de l'édifice du X ème siècle, celui que les premiers chrétiens de la contrée avaient bâti avec un évident sens de la mise en scène….."  (la suite c'est ici)

Eglise de Vals (11)

 

C'était vraiment une belle surprise, cette visite. Quelle émotion à se trouver dans ce giron de pierre, entre terre, ciel, humanité et spiritualité ! 

 

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17 novembre 2016

Pensée philosophique d'un 17 novembre

 

Je ne sais pas si c'est un ressenti général ou bien qui m'est particulier.

Depuis l'enfance, je me sais mortelle, c'est une pensée qui s'est depuis toujours imposée à moi, régulièrement, comme une éventualité triste et un peu effrayante, certes, mais une éventualité possible.  

Par contre, aussi étonnant que cela puisse paraitre, j'ai longtemps ignoré être susceptible de vieillir un jour. Ce n'est que maintenant, la cinquantaire bien installée, que je me dis Mince, ça va t'arriver à toi aussi, te courber et renoncer peu à peu à toutes ces choses qui furent le sel de ta vie... Et les paroles du Grand Jacques me paraissent aujourd'hui tellement juste : "Mourir la belle affaire, mais vieillir... Ô vieillir..."

 

 

 

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26 octobre 2016

Regliss'mint

 

 

Je regarde la belle rescapée que peu à peu j'apprivoise et je me dis :

Une chienne regliss'mint parmi les pétales de roses.

 

Je me dis aussi :

La joie d'être tient à bien peu de choses.

De l'impalpable. Un regard d'humain et quelques mots pour le traduire.

Des mots choisis parmi toutes les

combinaisons possibles

 pour dire par exemple la douceur d'une chienne aux couleurs de bonbon.

 

juin 2016

 

 

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02 juin 2016

Le locataire - Philippe Jaccottet

 

Régulièrement je lis Philippe Jaccottet. Il sait si bien dire les choses comme je les sens moi aussi. Des choses qui sont la merveille qu'est la terre, avec ses herbes et son ciel, les oiseaux, et puis nous qui sommes là, si improbables, si fragiles...

 

"Nous habitons une maison légère haut dans les airs,

le vent et la lumière la cloisonnent en se croisant,

parfois tout est si clair que nous en oublions les ans,

nous volons dans un ciel à chaque porte plus ouvert.

Les arbres sont en bas, l'herbe plus bas, le monde vert,

scintillant le matin et, quand vient la nuit, s'éteignant,

et les montagnes qui respirent dans l'éloignement

sont si minces que le regard errant passe au travers.

La lumière est bâtie sur un abîme, elle est tremblante,

hâtons-nous donc de demeurer dans ce vibrant séjour,

car elle s'enténèbre de poussière en peu de jours 

ou bien elle se brise et tout à coup nous ensanglante.

Porte le locataire dans la terre, toi, servante !

Il a les yeux fermés, nous l'avons trouvé dans la cour,

si tu lui as donné entre deux portes ton amour,

descends-le maintenant dans l'humide maison des plantes."

 L'Ignorant (poèmes 1952-1956)

 

 

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26 mai 2016

Des hommes et des arbres

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"Les hommes, au fond, ça n'a pas été fait pour s'engraisser à l'auge, 

mais ça a été fait pour maigrir dans les chemins,

traverser des arbres et des arbres, sans jamais revoir les mêmes ;

s'en aller dans sa curiosité, connaître."

Jean Giono - Que ma joie demeure

 

 

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14 mai 2016

Ma si belle

 

Triste printemps chez mes animaux.

Après le chat, ce fut au tour de ma chienne de passer de l'autre côté du monde...

 

2015 05 (2)

 

Tu me manques, qu'est-ce que tu me manques

Ma si belle

Ma si douce

Et toutes ces choses qui furent toi, mon Amie l'animale,

Une certaine pointe de nez

et cette odeur de sable blond.

Ton regard douceur d'amande qui me faisait

Déesse. 

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2016

Chat

 

 

Quinze ans c'est une grosse tranche de nous

Et ta petite vie me manques déjà, Chat parti hier au pays des souris multicolores

 

tes roulades d'accueil le soir sur les cailloux 

ton ombrageuse grâce

Et l'image de cette femme à demi barjo que me renvoyaient

tes prunelles jaunes !

 

 

 

 

 

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10 mars 2016

Des pas dans la neige

 

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Ce serait un bonheur de marcher dans les bois

si ne s'accrochaient à mon âme, comme autant de parasites,

les rumeurs de la gangrène du monde.

Et je me répète en boucle cette phrase de Gaëtan Soucy :

 

 "Qu'est-ce qu'on a fait de tout ça (...)  

On dirait des fois que je suis seule sur terre à l'aimer, moi, la vie..." 

 

Alors je marche encore et encore, dans les traces de l'Homme, devant moi.

Jusqu'à ce qu'une douce fatigue vienne à bout de mes pensées sombres,

jusqu'à ce que me prenne la magie du paradis blanc

jusqu'à ce qu'il m'habite et redonne à tout

le visage radieux, étincelant du premier jour du monde.

 

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