Sous l'alisier

02 décembre 2020

Bien sûr

 

            Bien sûr

qu'il y en aura d'autres

 des jours, des nuits,

des Joies

 des virées dans la neige, des roulades dans l'eau et cavalcades folles

des regards, des signes, des douceurs,

des attentes, des tremblements,

Mais ce ne sera plus jamais 

            avec Toi,

Ma douce, ma folle, ma moche, mon ombre, ma tant aimée.

 

 

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04 novembre 2020

Extralucide

 

Simplement se tenir là au coeur du monde

simultanément Invisible et tellement Présent

Présence de chacune des mollécules qui composent mon humble personne,

Mes oreilles s'élargissent

Se dilatent mes yeux.

Mon cerveau, cette terre perméable

imprégnable

est en état de grande Veille.

Voir Percevoir Entendre Sentir

Vitres

Miroirs

Hommes et femmes qui m'entourez,

Je vois à travers vous

 

 

Quelques uns me glacent De ceux-là je me détourne

C'est vers les autres que je me laisse porter, tendres frondaisons, vaisseaux de lumières

La-Foule

 

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15 janvier 2020

Entre Ciel Terre et Mer

 

Si tu regardes bien,

 -Et sans même partir loin,

 Il est un monde étrange,

 Que peuplent les questions :

 Tu ne sais plus trop bien

 Où tu es

 Ni chez qui

Port barcarès1

 

 Si tu es près du ciel

 Ou sur la terre ferme

 Si tu peux t'embarquer

 La mer parait si proche

 

 Les enclos sont fermés

 On les croirait ouverts

 Sur quoi donnent les portes ?

Port barcarès2

 

Ce ne sont pas des portes

 Mais des morceaux de ciel

 

Les photos de cet endroit magique ont été prises à Port Barcarès, sur l'Ile des Pêcheurs

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13 décembre 2018

D'ombre et de lumière

 

Une femme sans âge
-je veux dire si vieille
Minée par les journées
Séchée par le soleil
Marche à demi penchée
Ombre noire dans l'ombre

Elle avance encore
Avec toutes ses années
Puis se repose à l'ombre
Des sommets enneigés
Ou s'assoit au soleil
Avant qu'il ne s'estompe
Derrière le clocher

Lui reste son grand chien
Allongé à ses pieds
A la fourrure profonde
Où enfouir son nez

Elle poursuit sa ronde
Avec toutes ses années
Toutes les choses passent
- Qui pourrait oublier ?

Lui reste une étincelle
Un rayon bleu de ciel
Promené sur les Choses


                                    Ce sont ses deux yeux clairs
                              A la conscience douce
                              Menant à l’essentiel
                                        De la nuit à nos sources.

 

 

 

 

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08 novembre 2018

Les gens dans l'enveloppe

 

Je ne sais toujours pas dire précisément ce qui m’émeut dans les photos. Elles me parlent de ce qui se vit et se meurt en même temps. Elles me racontent la beauté de l’instant unique qu’on ne revivra jamais. Elles me chantent l’effort vain de l’humain pour retenir la vie. Tracer un trait sur la paroi de la grotte, modeler une glaise, graver le tronc d’un arbre, fixer la lumière sur la pellicule. Ecrire un mot. Dire j’étais là, tu étais là. 

On ne retient pas la vie, on peut juste s’en souvenir. La vie est comme les secondes, elle se fiche de nos efforts, elle coule dans son perpétuel effacement. Du sable entre les doigts, une goutte d’eau sur une pierre chaude.

Isabelle Monnin dans « Les gens dans l’enveloppe »

Drôle d’histoire… Isabelle Monnin achète à un brocanteur une enveloppe contenant 250 photos d’une famille dont elle ne sait rien. A partir de là, elle écrit un livre en 2 parties, la première est un roman inventé à partir des photos. Le seconde partie est une enquête, retrouver les gens de l’enveloppe et écouter puis retranscrire leur histoire. A la fin du livre, un CD avec les chansons qu’Alex Beaupain.

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18 octobre 2018

Si c'était quelque chose entre les choses... Philippe JACCOTTET

 

Si c’était quelque chose entre les choses, comme

 l’espace entre tilleul et laurier, dans le jardin,

comme l’air froid sur les yeux et la bouche

quand on franchit, sans plus penser, sa vie,

si c’était, oui, ce simple pas risqué dehors…

                                                                                              

Pensée subtile, mais quelle pensée, si l’étoffe du corps se déchire, la recoudra ?

 

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05 janvier 2018

Déchire ces ombres enfin... Philippe Jaccottet

 

IMG_2180

 

Déchire ces ombres enfin comme chiffons,

Vêtu de loques, faux mendiant, coureur de linceuls :

Singer la mort à distance est vergogne,

Avoir peur quand il y aura lieu suffit.  A présent,

Habille-toi d’une fourrure de soleil et sors

Comme un chasseur contre le vent, franchis

Comme une eau fraîche et rapide ta vie.

 

Si tu avais moins peur,

Tu ne ferais plus d’ombre sur tes pas.

 

Philippe Jaccottet - A la lumière d'hiver

 

 

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07 décembre 2017

Assez trainé



Ces journées se sont assez étirées, baignées de leur lumière des plus marginales

Il faut que je revienne dans le sombre de l'humanité Il faut que je sois

raisonnable je ne peux pas m'attarder plus de ce côté car

J'ai assez trainé avec ma petite troupe sur cet

îlot, pierres chaudes et douce terre,

à humer la lenteur palpable des heures

Je répète pourquoi mais pourquoi

Pourquoi la vie est-elle ainsi

faite que toujours tu

doives t'abstraire

de ce qu'elle 

a de plus

vivant

?

 

 

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24 juillet 2017

Ce qui est précieux

 

Ce serait un secret, de ceux que l'on sait depuis toujours, de ceux que l'on oublie depuis toujours. Il jaillit à la dernière page du livre de Baptiste Beaulieu, comme une évidence, et il vous touche infiniment

 

 

...Ce qui est précieux,
Se frôle avec stupeur,
Mais ne se retient pas.

Ce qui est précieux est fragile,
Comme poussières dans un rayon,
Souffle dessus, tout s’écroulera,

Ce qui est précieux éclôt,
Croît, casse et se fane,
Passe comme la peau,

Et puis un jour,
On croit mourir,
Et même la mort n’est rien.

Pour puiser à la source : https://lesjardinsmecaniques.wordpress.com/

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01 avril 2017

La musique

 

Moi, ladite Dame Ka, nulle en musique, oreille sensible comme couenne de dinausore, ai été touchée hier par la grâce d'un concert de piano.

Imaginez un puits de lumière et une jeune fille si menue au centre, des doigts qui courent, volent, exprime l'âme des plus grands à peine connus de moi mais d'un coup révélés,

Imaginez un public tout cabossé dans un enchevêtrement de fauteuils roulants, au bord de la pièce une vieille dame évadée de son corps dont les mains dansent sur des touches imaginaires, vibrante  de l'instant,

Imaginez des regards qui brillent, des sourires, des larmes, des mains pressées d'applaudir,

Imaginez.

La musique, quel miracle la musique...

pianiste

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