Sous l'alisier

24 juillet 2017

Ce qui est précieux

 

Ce serait un secret, de ceux que l'on sait depuis toujours, de ceux que l'on oublie depuis toujours. Il jaillit à la dernière page du livre de Baptiste, comme une évidence, et il vous touche infiniment

 

 

...Ce qui est précieux,
Se frôle avec stupeur,
Mais ne se retient pas.

Ce qui est précieux est fragile,
Comme poussières dans un rayon,
Souffle dessus, tout s’écroulera,

Ce qui est précieux éclôt,
Croît, casse et se fane,
Passe comme la peau,

Et puis un jour,
On croit mourir,
Et même la mort n’est rien.

Pour puiser à la source : https://lesjardinsmecaniques.wordpress.com/

DSC02263

 

 

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01 avril 2017

La musique

 

Moi, ladite Dame Ka, nulle en musique, oreille sensible comme couenne de dinausore, ai été touchée hier par la grâce d'un concert de piano.

Imaginez un puits de lumière et une jeune fille si menue au centre, des doigts qui courent, volent, exprime l'âme des plus grands à peine connus de moi mais d'un coup révélés,

Imaginez un public tout cabossé dans un enchevêtrement de fauteuils roulants, au bord de la pièce une vieille dame évadée de son corps dont les mains dansent sur des touches imaginaires, vibrante  de l'instant,

Imaginez des regards qui brillent, des sourires, des larmes, des mains pressées d'applaudir,

Imaginez.

La musique, quel miracle la musique...

pianiste

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23 mars 2017

Je voudrais pouvoir dire...

 

               Je voudrais pouvoir dire
                  les rivières
                    de cailloux
                       que l'on roule
                          après soi
                              Laisser faire les remous
                                  et les lames submerger...


Il y aurait peut-être un après
                 qui me laisserait pantelante sur la rive
                 nerfs en miettes
                 âme en fuite


Il y aurait peut-être un Après
                un arc en ciel une forêt
                un soleil une main un sourire.
                Comme un choeur :
                     un écho de ta voix
                     un tamtam de Là-bas
                     qui transpire

                                 

statue enfant

 

 

 

 

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26 janvier 2017

Pile ou face

 

"La peur et la joie. Pile ou face. On vit toute une vie avec ça. La peur ou la joie.

Etre une pièce. On tombe d'un côté ou de l'autre. On choisit, plus ou moins, de quel côté on tombe.

La joie est le dos de la peur.

Quand l'une s'éloigne, on distingue le sourire sur le visage de l'autre.

On est les deux.

Une pièce. Qui vole en l'air. Qui tourne. Qui tombe. S'il n'y a rien ou personne pour nous lancer une nouvelle fois.

On reste en bas. Le visage couché dans la poussière.

L'idéal serait de rouler. Sur la tranche. C'est un idéal.

Ou de rester en l'air. A voltiger. Eternellement. Jusqu'à ne plus avoir besoin de distinguer le sol du ciel.

Comme un martinet. Un nuage. Un yo-yo. Un enfant."

 

Je lis La part des nuages, de Thomas Vinau. Ma lecture du jour butte sur ces lignes, que je relis et lis encore. Avec l'impression étrange de trouver un écho à mon propre balancement.

 

 

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03 décembre 2016

Des âmes rudes et bienveillantes veillent dans la lumière d'hiver

 

Un jour, sans aucun doute, vous passerez entre Ariège et Aude, dans le pays de Mirepoix. Vous ne manquerez pas, ce jour-là, de faire une petite étape à Vals. Le village est magnifique, comme de nombreux village du Mirapicien. La pierre y est chaude, dorée au sud, le Moyen-Age s'y est posé pour la suite des temps. Des âme rudes et bienveillantes veillent dans la lumière d'hiver.

Au  bout du village, il y a l'église,

Eglise de Vals (1)

 

petite citadelle jaillie de la pierre, qui de suite attire le regard. Vous en ferez le tour, poussé par la curiosité -est-il possible d'agir autrement ? Vous admirerez les blocs de poudingue qui l'enchassent. Puis viendra ce moment, instant magique, où vous déciderez de pousser la porte de chêne :

"En grinçant, elle tourne sur ses gonds, laissant plonger le regard dans la pénombre. Et là, c’est le choc…..

Utilisant au mieux une faille naturelle, un escalier de pierre paraît s’enfoncer dans les entrailles de la terre. Une dizaine de degrés mène jusqu’à une vieille porte qui donne dans la partie inférieure de l’église, abusivement qualifiée de crypte. Nous sommes là dans les restes de l'édifice du X ème siècle, celui que les premiers chrétiens de la contrée avaient bâti avec un évident sens de la mise en scène….."  (la suite c'est ici)

Eglise de Vals (11)

 

C'était vraiment une belle surprise, cette visite. Quelle émotion à se trouver dans ce giron de pierre, entre terre, ciel, humanité et spiritualité ! 

 

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17 novembre 2016

Pensée philosophique d'un 17 novembre

 

Je ne sais pas si c'est un ressenti général ou bien qui m'est particulier.

Depuis l'enfance, je me sais mortelle, c'est une pensée qui s'est depuis toujours imposée à moi, régulièrement, comme une éventualité triste et un peu effrayante, certes, mais une éventualité possible.  

Par contre, aussi étonnant que cela puisse paraitre, j'ai longtemps ignoré être susceptible de vieillir un jour. Ce n'est que maintenant, la cinquantaire bien installée, que je me dis Mince, ça va t'arriver à toi aussi, te courber et renoncer peu à peu à toutes ces choses qui furent le sel de ta vie... Et les paroles du Grand Jacques me paraissent aujourd'hui tellement juste : "Mourir la belle affaire, mais vieillir... Ô vieillir..."

 

 

 

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26 octobre 2016

Regliss'mint

 

 

Je regarde la belle rescapée que peu à peu j'apprivoise et je me dis :

Une chienne regliss'mint parmi les pétales de roses.

 

Je me dis aussi :

La joie d'être tient à bien peu de choses.

De l'impalpable. Un regard d'humain et quelques mots pour le traduire.

Des mots choisis parmi toutes les

combinaisons possibles

 pour dire par exemple la douceur d'une chienne aux couleurs de bonbon.

 

juin 2016

 

 

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02 juin 2016

Le locataire - Philippe Jaccottet

 

Régulièrement je lis Philippe Jaccottet. Il sait si bien dire les choses comme je les sens moi aussi. Des choses qui sont la merveille qu'est la terre, avec ses herbes et son ciel, les oiseaux, et puis nous qui sommes là, si improbables, si fragiles...

 

"Nous habitons une maison légère haut dans les airs,

le vent et la lumière la cloisonnent en se croisant,

parfois tout est si clair que nous en oublions les ans,

nous volons dans un ciel à chaque porte plus ouvert.

Les arbres sont en bas, l'herbe plus bas, le monde vert,

scintillant le matin et, quand vient la nuit, s'éteignant,

et les montagnes qui respirent dans l'éloignement

sont si minces que le regard errant passe au travers.

La lumière est bâtie sur un abîme, elle est tremblante,

hâtons-nous donc de demeurer dans ce vibrant séjour,

car elle s'enténèbre de poussière en peu de jours 

ou bien elle se brise et tout à coup nous ensanglante.

Porte le locataire dans la terre, toi, servante !

Il a les yeux fermés, nous l'avons trouvé dans la cour,

si tu lui as donné entre deux portes ton amour,

descends-le maintenant dans l'humide maison des plantes."

 L'Ignorant (poèmes 1952-1956)

 

 

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26 mai 2016

Des hommes et des arbres

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"Les hommes, au fond, ça n'a pas été fait pour s'engraisser à l'auge, 

mais ça a été fait pour maigrir dans les chemins,

traverser des arbres et des arbres, sans jamais revoir les mêmes ;

s'en aller dans sa curiosité, connaître."

Jean Giono - Que ma joie demeure

 

 

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14 mai 2016

Ma si belle

 

Triste printemps chez mes animaux.

Après le chat, ce fut au tour de ma chienne de passer de l'autre côté du monde...

 

2015 05 (2)

 

Tu me manques, qu'est-ce que tu me manques

Ma si belle

Ma si douce

Et toutes ces choses qui furent toi, mon Amie l'animale,

Une certaine pointe de nez

et cette odeur de sable blond.

Ton regard douceur d'amande qui me faisait

Déesse. 

 

 

 

 

 

 

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